LXXIX.

L’écriture à chaud est un genre difficile. A la relecture on regrette ses phrases. On se mord les doigts de sa présomption ; on s’aperçoit des fautes d’orthographe ou de goût ; on se juge médiocre alors qu’on se félicitait du brillant d’un premier jet. Mais le recul apporte aussi moins de spontanéité, moins de liberté, finalement moins de simplicité.

Tout ça pour dire que j’envie les gens capables de rédiger leurs journaliers et de les publier dans le même temps. Les blogs en offrent désormais la possibilité. On semble en profiter jusqu’à la nausée, mais avec la conviction de détenir là une part essentielle de liberté. Ne s’y trompent pas les puissants à en croire les échos venus de pays lointains (Birmanie, Chine, Iran… liste à compléter) où clavier et souriquette valent les bombes des Décembristes.

Rien de tel, n’est-ce pas, dans nos contrées, même si l’envie en démange plus d’un de se faire, en l’occurrence, Persan ou Mandchou. Mon neveu Jérôme, fervent adepte et technicien de la Toile, m’a révélé à moi-même que j’étais capable de fournir à ce blog. Que j’en étais capable et que des lecteurs y seraient sensibles.

Aujourd’hui il me « tanne » pour donner mon opinion immédiate et moins me cantonner dans l’évocation du Rouen éphémère de mes souvenirs. Mais qu’ai-je à dire sur l’actualité ? Sinon sur les problèmes locaux (en sommeil ces temps derniers) je préfère écrire mon sentiment réel à l’aide de considérations minuscules. Chacun le voit ou pas.

Simple exemple : la crise au PS. Bien que n’ayant pas repris ma carte depuis longtemps, je m’y intéresse. Mon week-end dernier s’est passé à regarder Public Sénat (le lecteur : il a la TNT !) où la couverture du Congrès de Reims était remarquable ; au passage salut aux talent et métier d’Émilie Aubry, retenez ce nom. Bon, qu’ai-je vu à la tribune et dans les débats ? Que de bons acteurs et d’excellents menteurs.

Or, à Rouen, qu’ai-je à applaudir ? Des traîtres de carton pour théâtre de poche, de vieux cabots grimés en faux-démocrates, une troupe comique dont le jeu s’adapte mal au répertoire actuel. C’est pitié que de voir un Laurent Fabius distribuer les rôles ; un Didier Marie commander au lever de rideau ; un Christophe Bouillon s’occuper des costumes… et que dire du reste de la troupe, saltimbanques ou acrobates d’un spectacle vu, revu, archi-revu, et qui ne fait plus rire personne ; ou plutôt qui ne fait que faire rire. On n’est plus aujourd’hui commentateur politique ; on est critique dramatique. Un Hubert Huertas est plus proche de Maurice Boissard que d’autre chose.

Jours et heures passant, devant ma télé, j’ai constaté ma résignation à m’estimer encore (toujours ?) de gauche mais en opposition totale avec ce qui se passe ici et maintenant. C’est pourquoi, en admettant que j’aille rue de la République ce soir (écrit le jeudi 20 novembre) déposer mon bulletin, je voterais Ségolène Royal. Pas par adhésion ou séduction, non, pour le plaisir, en cas de victoire (écrit le vendredi : douteuse), de les voir baisser le rideau sous les sifflets.

Jérôme Neveu me dit que c’est un peu court. Impitoyable jeunesse !

1 Réponse à “LXXIX.”


  • j’ai voté Royal exactement pour cette raison ! raté ! et Filipetti qui accuse la Seine Maritime (avec le Nord) d’avoir usurpé certains votes. Avant j’étais tranquille, étant incrite dans la seule section non fabiusienne de toute la Seine Maritime. Mais maintenant qu’une alliance s’est noué entre les ex minoritaires et les majoritaires en seino-marie, tout est possible !

Laisser un Commentaire




RESSOURCES DOCUMENTAIRES |
dracus |
medievaltrip |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | childrenofsatan2
| LOTFI - Un rebeu parmi tant...
| VA OU TON COEUR TE PORTE......