LVIII.

Paris-Normandie du 27 août dernier. Pour la carrière annoncée d’un jeune marin, je lis sous la signature d’Arnaud Faugère, ce début d’article : « A 18 ans, les illusions commencent trop souvent à s’estomper. » Diable, je ne savais pas l’admirateur des Dogs si balzacien ! Avec mes soixante-dix-sept ans, en voilà encore une, d’illusion, qui s’en va. Bientôt, il ne m’en restera plus. D’autant que cette sentence tombe à la suite d’une autre.

Ainsi, sur Arte, vendredi 22, documentaire consacré au chemin de Compostelle (d’André Schäfer, réalisateur allemand), croisements de desseins et des attendus de pèlerins venus de Catalogne, Pologne, Hollande et France (jolies images, belles lumières, léger ennui cependant) mais ce qui m’a pétrifié, c’est d’entendre un des pèlerins interviewé, jeune polonaise en l’occurrence, qui, argumentant sur sa motivation à cheminer, déclare (je résume) : « Pour faire quelque chose de ma vie ; ne pas avoir à regretter de n’avoir rien fait ; me dire, quand je serais vieille, quand j’aurai 50 ans... »

De là à ne plus lire le journal, ne plus regarder la télévision, ni écouter la radio… Mais comme dit la chanson : « Faut vivre ». Et continuer. Autant sortir, faire dix pas, prendre ma canne et surveiller le ciel gris d’une fin d’été fortement uniforme. Oui, depuis cet été, je marche avec une canne (problème de genou), ce qui ne me rajeunit pas.

Rouen Chronicle devient une entreprise qui m’entraîne (m’a entraîné) sur des terrains dont je n’imaginais pas l’étendue. Jérôme Neveu m’assure que ce « blog » (puisque « blog » il y a) est lu et commenté. Sans doute. Mais ces commentaires, et les gens qui s’y astreignent, m’effraient plus qu’ils me contentent. Certains notent mes étourderies qu’ils ont tôt fait de transformer en fautes d’orthographe. Je reconnais que la mienne est parfois hésitante, surtout du côté des accords de participe. De ce côté, à lire les règles et à vouloir les retenir, sinon les comprendre, mes illusions aussi se sont estompées. Ce sont peut-être les seules.

A l’école primaire pour m’en souvenir, à Pouchet, rue Thouret, vers 1937 ou 38. Oui, là, à regarder l’automne, dans la cour, tomber les feuilles. Sursaut de clavier : je voulais écrire « tomber les feuilles de tilleuls ». Tilleuls ? Ou marronniers, platanes ? Invérifiable, les locaux de Pouchet et de l’ex-Catherine Graindor (l’école des filles) sont occupés par je ne sais quelle institution culturello-patrimoniale. Occupation luxueuse du reste quant à l’espace et la situation, en centre ville, joli parking que mon ancienne cour de jeu. La Municipalité qui manque de locaux, qui se plaint de louer des appartements pour ses services en surplus, cette Municipalité ferait bien d’y aller voir.

Quoi d’autre ? Lectures, rangements, visites chez le médecin, paperasseries en tous genres, mise en ordre de mes écritures, choix pour Rouen Chronicle. Trouver l’accord entre mes souvenirs, la ville autrefois, l’actualité, le passé à la lueur du présent, son contraire et  l’humour des situations… dans la légèreté et sans prise de tête. Bref, un savant équilibre ; d’où ma canne.

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