XLIX.

L’autre soir, longue conversation avec Y*** au Bar des Fleurs. Toujours le même sujet ! Mêmes questions et mêmes réponses. Jérôme nous a rejoint et m’a délivré. Il me semble que j’ai trop mangé et bu (depuis un certain temps, je mesure de plus en plus mal les quantités ingurgitées, d’où des nuits – sans parler des matins ! – éprouvants). Dînant et bavardant aux Fleurs, je me suis fait la réflexion que cette brasserie est devenue une institution, ce qu’elle était loin d’être il y a une quarantaine d’années. Lorsque le marché aux fleurs était logé place des Carmes (d’où le nom), c’était un café insignifiant, plutôt un rendez-vous de quartier. Je ne crois pas y avoir mis les pieds avant les années Quatre-vingt. Et encore !

Dans mon lit, à ruminer mes excès et à me jurer de n’en plus faire, je vagabondais de cafés en cafés, brasseries, bars de nuit, tels que je les ai (que trop) connus autrefois.

Dans les années Cinquante, il était chic de passer, à l’heure de l’apéritif à L’Escale, à L’Ambiance, ou au Scotch. Le premier était le bar de l’Hôtel de la Poste (rue Jeanne d’Arc, aujourd’hui disparu), le second, celui de l’Hôtel de Dieppe (à la gare), le troisième, quai de la Bourse, le bar de l’Hôtel d’Angleterre (disparu lui aussi). C’était le genre bar à cocktails, ambiance feutrée, très bcbg (ça ne se dit plus) avec parties de 4-21, et impeccables plis de pantalon (sur un haut tabouret de bar, croyez-moi, c’était un record). On connaissait les barmans, lesquels nous connaissaient, et chacun « se la jouait » (ça ne se disait pas) à la mode américaine d’après-guerre.

Dans mes pérégrinations professionnelles, j’ai pas mal fréquenté L’Union (place de l’Hôtel de ville), La Consolation (rue de l’Hôpital), Le Petit Moulin (au bas de la rue de la République). Seul le deuxième existait encore sous ce nom il y a peu (histoire ancienne désormais). J’ai déjeuné chaque jour au Petit Moulin durant presque une dizaine d’années lorsque j’ai eu mon agence dans l’îlot Coré. J’y ai connu plusieurs couples de patrons, pas plus sympathiques que ça, mais le lieu était pratique, la cuisine soignée, et on pouvait y discuter sans ambages ni réserves.

A cette époque, si j’avais un client à soigner, je l’emmenais à L’Agriculture (quai de Paris). C’était « presque » au bord de l’eau et les grandes baies vitrées offraient un caractère « bateau-mouche » dans la note. On m’a dit que c’était devenu un restaurant chinois. Non loin, je fréquentais aussi, rue des Augustins, au coin de la place Saint Marc, La Brasserie Alsacienne (chez le père Linquer) où l’on mangeait de l’excellente choucroute, rareté en ce temps. Il y avait aussi, à quelques centaines de mètres du Petit Moulin, une autre brasserie, Le Grütli, qui existe toujours. A cause du cinéma Omnia tout proche, on y servait tard. Et d’autres qui ont défilé : Le Château d’O, Le Café de la Bourse, Le Café des Postes, Le Nico Bar, Le Café de Rouen, Le Mexicana-Bar, Bagatelle… lieux hantés tant et plus. J’ai fini par m’endormir.

1 Réponse à “XLIX.”


  • A coté de l’Union place l’Hôtel de ville (qui était au tout début des années 70 le repère d’un groupe de rock nommé Les Rotomagus – de mémoire), il y avait un bistrot – avant que l’Union ne l’avale) avec ses 2 longues banquettes et son ambiance popu. J’y attendais parfois le bus (le 2A qui allait à Grieu) avec ma mère. Impossible de me souvenir du nom… Vous en souvenez-vous?

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