XLVI.

De la Médiathèque, du Palais des Congrès… et de d’autres choses, que dire, que faire ? Sinon un peu de parole libre, ici et maintenant, on ne voit guère d’issue possible pour évacuer cette nausée tenace. Il semble qu’aujourd’hui tout s’en mêle (s’emmêle) pour faire (me faire) désespérer de l’avenir.

A commenter (il le faut) je crains de n’apporter qu’une parole de plus dans la confusion des voix, des écrits, des opinions… Non que je veuille être à ce point original mais, au moins, ne pas faire l’intéressant, au final ne pas descendre dans l’arène, ne pas jouer au fameux toréador.

Certes j’ai mon opinion sur la décision de détruire la Médiathèque ; j’en ai une autre sur ce qu’il faut faire du Palais des Congrès ; une troisième sur le sort de la Maison sublime… Je ne suis pas indifférent aux destinées d’une Grande Agglo, à l’arrivée des petits bateaux sur les quais, à la pérennité des pistes cyclables, à la saleté des rues, aux dérives des transports en commun, au mauvais état du commerce local… que sais-je encore, de « sociétal » (quel mot !), de politique, d’artistique, ou encore, et finalement qui prime, au chagrin de ma voisine dont le chat gris est mort lundi (« Alors, me dit-elle, c’est pas le courage que j’ai. »)

Exemple : ici ou là, toujours à propos de la Médiathèque, on a qualifié la décision prise de « courageuse », ailleurs de « honteuse ». Ni l’un, ni l’autre. C’est avant tout une décision sans esprit, sans élégance, sans imagination. Une décision de rien et pour rien ; une décision qui voudrait avoir l’air et « qu’a pas l’air du tout ».

Certes, diriger (mot un peu fort) une ville, c’est décider ; on est élu pour ça. Mais c’est aussi, peut-être avant tout, penser au symbolique ; c’est avoir de l’inspiration. En conséquence, toute décision requiert distance ou hauteur, toute prise de risque doit s’évaluer à l’aune de qualités qu’on ne saurait trouver dans les plans comptables. Bref, il faut se décider en visant au recueillement. Et aussi, pourquoi pas, à l’humilité.

Tout ce qui fait défaut, en l’occurrence. Car hélas, les jours sont aux contraires : à la « proximité », à « l’écoute », à la prise en compte de l’avis des imbéciles, comme de l’avis des autres. Ces derniers se font rabrouer, il faut voir comme, sans vergogne, par des premiers ivres de l’impunité et de l’amoralisme intellectuels (spirituels, si l’on veut) de notre époque. Ceci, à propos de ce qu’il y a de plus sérieux ou de moins.

Sur ces sujets, Jérôme, neveu attentif, me voyant du vague à l’âme, m’incite à la lecture facile de romans policiers. Il m’engage à Mistic River d’un certain Dennis Lehane. A la page 100, je relève : « Hé, Kent ? lança Whitey, s’attirant un sourire de la part de l’intéressé. C’est pas pour dire, mais qu’est-ce qu’on en a à foutre ? » Comme thérapie expresse, avouez que c’est souverain.

1 Réponse à “XLVI.”


  • Faut garder le moral !!! Rouen en a vu d’autres, et de plus graves

    Ne pas oublier que ce qui fonctionne bien, ou mieux, n’est pas spectaculaire

    Un exercice intéressant et sain à la fois : examiner à la loupe de vieilles photos de Rouen. Une évidence qui saute alors aux yeux, même si on pouvait sûrement mieux faire : l’espace public et privé a globalement connu des améliorations gigantesques.

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