XXX.

A seulement dire ma vie, ce journal (à condition que Rouen Chronicle en soit un) friserait l’indigence : mon pressing va fermer, mon antivirus m’a lâché, j’ai mal à l’estomac… Et à en juger par l’actualité locale, ça ne va guère mieux. Je lis avec attention Paris-Normandie, la presse institutionnelle, les blogs divers et variés, tout ce qui va de l’avant. Or ce sont autant de contradictions, de coq à l’âne, de variations et déviations qui me confondent. Ainsi, ces jours-ci, la seule interrogation qui en vaille la peine : faut-il inviter le dalaï-lama aux 24h motonautiques ?

Laissons la question en suspend et revenons à nos moutons. L’avantage d’avoir été architecte, même malheureux, c’est de conserver un carnet d’adresses et d’être au courant de ce qui se passe et de ce qui se dit. Ainsi, de la Médiathèque Grammont – « on y revient toujours ». Lors de la campagne des municipales, on entendait ça et là (je mets dans l’ordre) qu’en « cas de victoire de la gauche » on se débrouillerait pour que le futur« outil culturel » soit finalement « requalifié ». Chose dite, redite, répétée et aussitôt imprimée (Paris-Normandie du 27 février 2008) sans que l’assertion (prudente dans le quotidien) ne soit suivie d’aucun démenti ou précision. Rudy Ricciotti, concepteur du grand cadavre, s’en faisait lui-même l’écho, haussant les épaules, s’en tirant par un paradoxe et négligeant désormais ce qu’il considère comme un projet mineur, pour lequel il n’a jamais eu que trois coups de crayon à donner.

« Requalifié » pourrait donc signifier qu’à Grammont, serait construit une chose n’ayant plus rien à voir avec ce qui était prévu, du moins quant pour le contenu. Peu importe quoi, on trouvera. Par exemple une maison pour tous, un hall des petits sports, un pool d’accueil pour la démocratie participative, un comptoir des savoirs accessoires et récurrents, un centre international d’analyses transversales et multipolaires… que sais-je. En cas de réussite, on pourra admettre qu’on n’a pas perdu, ici ou là, son temps.

A l’heure où je rédige, je note pour mémoire le nom de la directrice actuelle des bibliothèques de Rouen : Françoise Hecquard. Au moins ce nom aura été écrit et cette recrue des temps albertiniens (que c’est loin déjà !) se verra ici et là perpétuelle, « tel qu’en lui-même enfin l’Éternité le change ». Pour ceux qui cherchent (et non ceux qui savent) cette citation est à retrouver chez Stéphane Mallarmé. La dame est particulièrement invisible dans le paysage local ; c’est peut-être sagesse ou modestie, car on ne peut croire au dépit ou à l’indifférence.

Stéphane Mallarmé, poète autrefois renommé, aujourd’hui un brin perdu de vue, est amplement présent dans les fichiers de la bibliothèque (interrogation par nom, par titre, etc.) Ce service aura été la seule véritable innovation, ici, dans ces dernières années en matière de lecture publique. Le reste n’aura été qu’attente, illusion et désillusion.

Mon feuilleton « Médiathèque » s’achèvera dans Rouen Chronicle des prochains jours, par deux réflexions. Elles seront ultimes et définitives : ce qu’il aurait fallu faire, ce qu’il faudrait faire (disons « ce qu’il faudrait faire désormais » pour ne pas désespérer.)

1 Réponse à “XXX.”


  • Je découvre tout à fait par hasard mon nom cité dans un de vos textes, qui date déjà d’un certain temps (avril 2008). Vous constatiez à l’époque mon absence de la scène locale, en tant que directrice des bibliothèques, et avez eu le souci de donner quelques pérennité à mon nom, ce dont je vous remercie un peu tardivement. Rassurez-vous, cependant, ma carrière et ma réputation professionnelle étaient faites bien avant cela et mon passage à Rouen n’est à cet égard pour moi qu’un épisode. Vous supposiez à l’époque qu’il ne pouvait s’agir ni de dépit ni d’indifférence de ma part. De fait, il s’agissait bien d’indifférence car, si je suis venue à Rouen, c’est dans une perspective plus large que de simplement prendre le poste de directrice des bibliothèques et je n’avais pas d’opinion affirmée sur un projet de médiathèque que je n’ai jamais pu véritablement m’approprier et qui de toute façon était mal enclenché dès le départ. Son interruption, bien que source de nombreuses difficultés que la ville mettra des années à résoudre, n’était pas véritablement une surprise. J’ai néanmoins fait ce que j’ai pu pour aider à développer la lecture publique rouennaise, qui en avait bien besoin, et cela m’a suffisamment occupée pour que je ne puisse pas oeuvrer dans les cercles où on voit et est vu à Rouen. La municipalité s’est empressée de me « remercier », malgré les services rendus, dès que le paquebot Ricciotti a été ouvert au public. Il est donc très heureux pour moi que mes intérêts soient de toute façon ailleurs. Cela ne m’empêche pas d’apprécier vivre à Rouen, pour toutes les raisons que vous évoquez vous-mêmes au hasard des chroniques de votre blog. Bien cordialement, Françoise Hecquard

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