XXII.

Petit dîner chez Molineux, avec un œil sur Fr3 pour les résultats du second tour des municipales et pour Rouen, les 1er et 3e cantons. Surprises tout de même pour Évreux, Le Havre, Yvetot, Mont Saint-Aignan, Maromme… mélange d’illogismes, d’aberrations, d’évidences, vérités et contre-vérités qui augurent nombre de bouleversements locaux. Ce qui me navre, c’est le peu de consistance du « suffrage universel » et le manque de maturité des électeurs. On expliquera dans cent ans que cela n’avait pas importance, qu’il s’agissait là d’enfants qui votaient pour des délibérations carambars ou aspire-frais.

Constatation : malgré mon âge, la passion politique me tient toujours. Molineux dit que je prends ça trop au sérieux et qu’après tout « rien n’est si grave ». Eva, férue d’analyses psy, prétends que je suis un faux politique, que je n’y crois pas, que pour moi ce n’est qu’un jeu, théâtre mi-sérieux mi-tragique, et que mes connaissances vont du livret jusqu’aux cintres, jamais dupe, toujours emballé par le spectacle. Ces assertions me sont servies au café, d’un air des plus tranquilles. Molineux se tordait de rire.

Pour Rouen Chronicle, où en étais-je ? Toujours dans la bibliothèque. Des années plus tard, toujours rivé à mes travaux d’érudition (il faut dire que le lieu s’y prêtait), à gratouiller du papier et feuilleter des in-folios, liasses, contre-liasses, dossiers de presse à n’en jamais finir. Les mois, puis les années passèrent. A Jean Lecanuet succéda un certain François Gautier, puis Yvon Robert, féal de Laurent Fabius, élu par défaut parce que personne n’en pouvait plus et qu’il fallait, une fois pour toute, être délivrés des Lecanueries. Ce fut en 1995. Les socialistes de Mitterrand prenaient la ville et se vengeaient. Comment ? En ne faisant rien, en invoquant l’héritage, et en assainissant une trésorerie généreuse de vingt ans de distributions clientélistes tout azimut. Bref, on patina à vue.

Et à la bibliothèque ? Là on s’aperçut que Marie-Françoise Rose ne se gênait pas pour à réclamer l’arriéré du gâteau d’anniversaire, à savoir tout ce qu’on n’avait pas fait trente ans durant. A commencer par une refonte des fichiers et à un passage à l’informatique ; puis – si on le voulait bien – à une extension des lieux, voire un déménagement. On s’en doute, il fallait peser le pour et le contre. Et surtout attendre… La nouvelle municipalité avait un alibi en or : les caisses étaient vides ; Lecanuet et Gautier avaient tout dépensé (dame, le gâteau !) Pour la forme, on attribua à une élue remuante la délégation de « responsable des bibliothèques », attribution détachée de celles dévolues à l’adjoint à la culture, universitaire reconnu, un temps maître du Grand Orient, homme affable, guère politique, ni travailleur. La conseillère se voulait d’une mouvance plus extrême, altermondialiste, prêtresse de la Ligue des droits de l’homme, madone des sans-papiers, alliée sympathique pour une municipalité soucieuse de gérer la pénurie. On vit donc les projets prendre du retard, les caisses se remplir… et les élections arriver. D’où des bulletins de vote qui changèrent de couleur en nombre, la droite (du moins le centre) reprenant une ville qu’elle croyait pour longtemps perdue. C’était en 2001.

Pour Rouen Chronicle où en suis-je ? A ce qui a été dit précédemment.

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