XIX.

Un roman célèbre d’Agatha Christie (ou un roman de la célèbre Agatha Christie) s’intitule Un cadavre dans la bibliothèque. Une pièce célèbre (encore que passée de mode) de T. S. Eliot porte le titre de Meurtre dans la cathédrale. Ces ouvrages figurent aux catalogues des bibliothèques de Rouen, le premier dans divers endroits, le second uniquement dans celle dite « des Capucins », lieu spécialisé sur le théâtre en raison de sa proximité avec le conservatoire d’art dramatique.

Peu de liens entre les deux œuvres sinon d’avoir être écrites par des sujets britanniques, le premier mondialement connu de par son succès, le second de par un prix Nobel lointain et dont le souvenir s’évanouit peu à peu. Pourquoi, alors que je passe rue Jacques-Villon, ces deux titres se télescopent-ils en moi ? Aucune raison sinon les associations d’idées nées de la situation de la grande bibliothèque, ni fermée ni ouverte, en attente d’un déménagement, qu’on perçoit, d’années en années, plus hypothétique que jamais.

Quel meurtre, quel cadavre, quelle cathédrale ? Mais je passe mon chemin, et bientôt, perdu dans d’autres rêveries, je rejoins l’allée Eugène Delacroix, sans en attendre davantage. Ce chemin était, autrefois, fort pratique ; je n’avais qu’à aller droit, traverser l’Espace du Palais, franchir ce qui reste de la porte de l’Hôtel des Sociétés Savantes, passer sous la voûte du Palais de justice, prendre la rue Thouret, obliquer, pénétrer dans Monoprix, traverser le magasin, ressortir rue aux Ours, obliquer encore et descendre la rue Camille Saint-Saëns, autrefois rue Nationale…

Aujourd’hui la fermeture du passage de Palais de Justice (Vigipirate dit-on) force à un autre itinéraire. Mais il y aussi que je n’aime plus l’Espace du Palais depuis que la municipalité d’Yvon Robert (1995-2001) a offert à la Fnac le grand arc de passage qui permettait de gagner directement la place Foch. L’institution y construisant son entrée, c’était, encore un on-dit, la condition pour consentir à s’installer là, en lieu et place d’un inénarrable supermarché. Je dis « inénarrable » ; il faudra le narrer tout de même. Mais comme on dit dans les récits de Rudyard Kipling (troisième Anglais) : « Ça, c’est une autre histoire ».

De la Fnac, ceci dit, il se murmure que la chaîne abandonnerait dans un proche avenir son secteur librairie, devenu peu rentable (qui lit encore ?), se contentant d’alimenter ses caisses par le seul multimédia. Grand bien lui fasse. Plus personne n’ira donc y chercher les Christie, Eliot ou Kipling (à supposer…) et devra se contenter d’Armitière, Renaissance, Procure ou autre. A moins de les espérer, ces mêmes auteurs, sur les rayons de la Médiathèque ?

Médiathèque, tiens donc, à laquelle il faudra trouver un nom… Ce ne sera pas un nom d’auteur anglais assurément, ce sera un nom de pont comme Flaubert ou quelqu’un de ce genre là. J’en frémis d’avance ! A propos de pont, il va me falloir reparler dans Rouen Chronicle dudit Boieldieu et de ces inénarrables (encore) statues de navigateurs. Il y a là, si l’on peut dire, du neuf. Décidément, cette ville m’épuise.

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