XII.

Toujours et encore les municipales ; il y a quelques jours, article d’Arnaud Faugère, dans Paris-Normandie (daté du mardi 12 février), titré « Adjoints en partance… » au sujet du départ de certains des adjoints de l’ancien maire (c’est désormais acquis). Parmi, citée Josette Cheval, qui vivrait « plutôt mal » son éviction ; fait part d’un « fort ressentiment », reproche à Pierre Albertini « de ne pas écouter », d’arbitrer en solo, d’avoir réduit les budgets qu’elle montait, et au final de ne l’avoir vue que trois fois en sept ans « en tête-à-tête ».

Disons d’emblée que je connais à peine Josette Cheval, croisée lors de cérémonies officielles ou de réunions de conseil de quartier, lorsque celles-ci m’intéressaient encore. J’en suis d’autant dégagé pour dire ceci, à savoir que cette élue a cristallisé le ressentiment. Il y a des gens comme ça : ils ont beau dire et faire, ils sont l’objet d’aversion systématique et d’un mépris qu’il est loisible d’afficher. Je ne parle pas là des partisans, des anciens colistiers (encore que…) mais des « adversaires », ceux et celles qui ont une opinion contraire, et évaluent les personnes telles les marionnettes d’un théâtre guignol.

Autant tel ou tel conseiller municipal ne rencontrera qu’hostilité sourde ou indifférence muette, autant Josette Cheval, dans les milieux estampillés que je fréquente, provoque le sarcasme blessant, le sourire goguenard, l’irrespect sans retenue. Si quelques-uns peuvent prendre sa défense et avancent des arguments pour l’équilibre, ils en sont pour leurs frais. Rançon de la popularité ? Ou du populaire ?

Le fait est que Josette Cheval est connue, visible, présente (du moins, était) et œuvrait avec ténacité, qualité première d’un élu. Seulement voilà, c’était à « la propreté », donc les poubelles, les matelas sur le trottoir et les inévitables merdes de chien. Ça marque mal. Ça fait « range ta chambre », « essuie-toi les pieds », « brosse-toi les dents »… En tant qu’adjoint, ce n’est pas une tâche « noble » telle la circulation, le sport, la culture, le commerce… Rouen serait-elle devenue, baguette magique, ville propre qu’on n’en aurait pas remercié Josette Cheval pour autant ; elle aurait juste fait « son boulot » comme autrefois Marie la Bonne.

Et puis elle se nomme Josette Cheval. Personne ne vous en voudra de tordre ces nom et prénom et d’en extraire le ridicule supposé ; c’est un engagement à la raillerie. Et elle a aussi son franc-parler, comme on disait des enfants « elle répond ». Ce n’est pas bien vu.

Voilà pourquoi (quoi d’autre ?) Josette Cheval disparaîtra des couloirs de la mairie. Il n’est pas dans mes attributions de dire que c’est tant pis ou tant mieux ; mais si j’écris Rouen Chronicle, c’est aussi (pas d’abord) afin ne pas oublier les Josette Cheval et dire qu’une ville se perpétue avec ces énergies, sans bavardage, sans idéologie (un peu tout de même), dans la raideur des convictions, l’humilité des tâches, la fermeté du propos et les vertus de l’esprit terre-à-terre. Être à la disposition des circonstances, voilà qui n’est pas gratifiant ou valorisant ; c’est ce qu’on nommait, autrefois, l’amour du bien public. Encore une chose qui disparaît. Certes on a les élus qu’on mérite, mais on ne les mérite pas toujours.

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