VII.

On s’agite beaucoup à la perspective des futures élections municipales (moins pour les cantonales, mais on a tort). Comme la politique me passionne, à chaque fois je me prends au jeu. Y croire encore, soutenir tel ou tel candidat, à mon âge, avec tout ce que je sais de ce qu’il ne faut jamais faire ou son contraire ? Grands Dieux, pourquoi ? Peut-être pour ça, justement pour ne pas faire le philosophe ou le sage retiré dans sa chambre. Être au monde, dans le réel, ne pas avoir 76 ans et se dire qu’après tout, ce n’est pas fini, on continue.

Que va-t-il advenir de la politique sur Rouen plus que jamais scindée en blocs. L’espoir en juin 2007 d’instaurer ici un nouveau parti n’a apporté que du désenchantement. Les rangs du MoDem se garnissaient d’adhérents (parfois en rupture avec la Gauche) et qui trouvaient à Bayrou des airs d’aventurier.

Mon neveu a pris sa carte du MoDem en juin et suivi tous les débats locaux. Ce qu’il m’en rapporte est assez navrant. L’embellie aura duré six mois. Il s’est vite aperçu que les vieilles barbes de l’Udf, loin d’être parties, restaient en place. Bref, de nouvelle religion, on passa à de la vieille politique, dont peut-être (surement) on n’était jamais sorti. Les élections approchant, il fallait revenir aux urgences. Un soir, le spectre de Jean Lecanuet quitta sa crypte de Boscherville et revint hanter les couloirs de sa mairie ; quelques-uns le croisèrent.

Bref, si un temps, on s’était dit que les temps changeaient, que s’en était fini de la politique d’autrefois… tout fut balayé en une primaire pré-électorale dont mon trop jeune neveu sortit Médusé (selon mes dictionnaires : au sens strict du terme).

A présent, mon neveu s’interroge et me demande conseil : doit-il rester au MoDem tel qu’il est à Rouen ou tel qu’il est au national ? (pour ma part, j’avoue y voir peu de différence, mais je juge d’assez loin). En corollaire, doit-il, « discipline du parti oblige », voter pour la liste du maire sortant ? Que répondre ?

Tout d’abord, il n’y a pas de « discipline de parti » qui tienne, nous ne sommes plus en 1956 lorsque je votais Sfio encore et toujours ; nous ne sommes plus en 82 où je votais socialiste « quoi qu’il arrive ». Plus personne (oui, les imbéciles) n’est Whig ou Tory, de père en fils, génération après génération. Quant aux idéaux, les sacro-saintes « valeurs »… celles-ci sont désormais partagées par tous, à l’exception d’une trentaine de fossiles dont c’est la tourbe (au sens strict, toujours). Le reste n’est que littérature.

J’ai dit à mon neveu que si j’étais à sa place, je voterais pour la liste « de droite » de Pierre Albertini au premier tour, et pour la liste de « gauche » de Valérie Fourneyron au second. « C’est absurde » me répond-il. Non, j’applique les règles de la vieille politique : au premier tour, on choisit ; au second, on élimine. « Tu te moques de moi ? » Un peu, c’est vrai. Mais n’empêche…

1 Réponse à “VII.”


  • laure leforestier

    Je comprends bien les désillusions et les interrogations de votre neveu. Bien d’accord avec vous, la discipline de parti ne veut plus rien dire. Il va devoir expérimenter le douloureux choix du bi-partisme, ne pas trop se préoccuper des programmes qui ne sont que de la com, sentir les pulsations de la ville et voter là où il percevra la dynamique. Personnellement, je suis allée chercher l’aile politique à Cap 21 qui a gardé une autonomie par rapport à l’UDF, je ne peux pas à Rouen appeler ce parti Modem…
    Sinon, j’adore vos chroniques
    Cordialement

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